
Théâtre d’acteurs et d’objets spectaculaires, Héraclès s’inspire du mythe grec et le confronte avec facétie au monde contemporain. Un acteur-acrobate incarne le demi-dieu. Six acteurs incarnent les dieux, les hommes et les monstres. Les casseroles font alors danser les chevaux anthropophages, un caddie se prend pour le sanglier du Mont Erymanthe, les transistors volent tels les oiseaux du lac Stymphale...
“ Il ne s’agit pas de se donner un style moderne pour raconter une vieille histoire, mais d’utiliser une histoire ancienne pour raconter notre époque moderne. Car l’histoire d’Héraclès, comme bien d’autres mythes, est jalonnée d’images fortes qui sont autant de révélations sur l’être humain. Reste à chaque époque de trouver un langage pour retraduire ces éternelles vérités. Ici nous avons cherché un langage pour traduire le phénomène médiatique et l’envers de l’image, l’exploit et sa récupération, le héros et sa solitude, le fanatisme et son aliénation, et quelques autres impressions sensées former ensemble le tableau vivant, hétéroclite et ludique, d’une vie de héros.”
Laurent Rogero
Théâtre d’acteurs et d’objets spectaculaires, cette création revisite les principaux actes du célèbre héros grec. Outre Héraclès, on y voit le puissant Zeus, la jalouse Héra, l’imprévisible Hermès, trois amoureuses déçues, un roi jaloux et des hommes qui l’admirent ou le condamnent.
Un acteur-acrobate incarne le demi-dieu et six acteurs incarnent tour à tour les dieux et les hommes. Lors des travaux d’Héraclès, l’acrobate se retrouve confronté aux acteurs devenus manipulateurs d’objets : monstres et animaux inspirés librement des techniques de la marionnette et du cirque prennent vie ; les chevaux anthropophages, le sanglier du Mont Erymanthe, la biche aux cornes d’or...
1. tuer le lion de Némée, sans arme
2. tuer l’hydre de l’Herne aux neuf têtes
3. ramener vivant le cerf aux cornes d’or des forêts
de Cérynée
4. capturer le sanglier du Mont Erymanthe
5. nettoyer les écuries d’Augias
6. exterminer les oiseaux
du lac Stymphale...
7. s’emparer du taureau
de Minos
8. enlever les chevaux
anthropophages de Diomède
9. prendre la ceinture d’Hippolyte, reine des Amazones
10. emmener les bœufs
de Géryon
11. enlever les pommes d’or
du jardin des Héspérides
12. tirer Cerbère,
le chien à trois têtes,
du royaume des enfers
Héraclès : fils de Zeus et de la mortelle Alcmène, il est un demi-dieu. Il en éprouve une difficulté à se situer en ce bas-monde. Il est colérique et fait parfois de grosses bêtises. Il en éprouve un tel sentiment de culpabilité qu’il irait jusqu’en Enfer pour se racheter.
Eurysthée : c’est le cousin d’Héraclès. Il n’a pas la force de son cousin, mais il est roi. Il est mandaté par la déesse Héra pour envoyer Héraclès à la mort une douzaine de fois. Il est dans un rapport de rivalité/attirance à l’égard de son cousin
Hermès : messager des dieux, il fait le lien entre l’Olympe et les mortels. Il est un précieux conseiller pour Héraclès. Il est aussi peu scrupuleux, et il exploite à loisir le potentiel médiatique de son poulain Héraclès. N’est-il pas d’ailleurs le dieu des marchands et des voleurs ?
Zeus : chef des dieux, il est aujourd’hui un peu fatigué. Le monde des hommes est devenu complexe, et il sent bien qu’il perd de son autorité. Il compte sur son fils Héraclès pour regagner un peu de crédit.
Héra : épouse de Zeus, elle est nécessairement jalouse. Belle-mère d’Héraclès, elle semble le harceler continuellement, mais on peut dire aussi qu’elle s’occupe de lui, en un mot qu’elle l’élève - ce que ne fait pas Zeus.
Mégara, Alceste, Iole : femmes d’Héraclès, elles sont, pour différentes raisons, des femmes déçues. Elles ont cru pouvoir détourner le héros de son errance et de sa solitude. Mais si Héraclès peut tuer tous les monstres, il ne peut fonder ni royaume, ni foyer.
L’ouvrier : homme du peuple, il exprime une admiration et un espoir démesurés en Héraclès. Plus tard, il montrera une jalousie et une rancune tout aussi passionnées.
Dans le cadre de la vie publique du héros, nous voyons et entendons Hermès commenter les travaux d’Héraclès à travers un micro, s’adressant aux spectateurs, les incluant clairement dans l’action au titre de spectateurs assistant à un combat public. Par contre-coup, les spectateurs se retrouvent dans un rapport d’autant plus intime et privilégié avec le héros lorsqu’ils assistent à ses échanges privés avec les personnes qui l’ont connu.
Dans le cadre des travaux, les acteurs forment un collectif, un choeur qui manipule de grands objets symbolisant les monstres auxquels Héraclès se trouve confronté. Dans les scènes dialoguées, ces mêmes acteurs jouent chacun un personnage ayant un rapport personnel au héros.
La scénographie repose sur une disposition bi-frontale des spectateurs. Cette position renforce leur implication : ils assistent le combat mené par le héros.
A l’une des extrémités de l’espace scénique, on peut voir un amoncellement d’objets abandonnés, objets de la vie quotidienne, objets de consommation rejetés là comme dans une décharge. De ce tas inerte seront extraits les objets, animés par le choeur d’acteurs : ces objets reprennent forme, mouvement, et parfois agressivité, que doit contenir Héraclès le héros civilisateur.
écrit et mis en scène par Laurent Rogero
avec :
Boris Alestchenkoff
Caroline Darchen
Camille Forgerit
Alexandre Fray
Matthieu Gaudeau
Fausto Olivares
Guillaume Rannou
accessoires : Mahi Grand
costumes : Régine Maruejouls
son : Olivier Colombel
chant : Jakes Aymonino
régie : Stéphane Le Sauce
production & diffusion : Julie Lacoue-Labarthe, Audrey Saboureau
affiche : Mahi Grand
Production Groupe Anamorphose, Festival L’Echappée Belle
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